Catalogue de l'exposition Félicie et Nous Autres présentée du 26 Mars au 12 Avril 2026 au Musée d'Art et d'Histoire de Saint Denis.
Félicie et nous autres s’inscrit dans un moment de cheminement, celui où des images issues d’un temps d’apprentissage commencent à se détacher de leur cadre d’origine. Elles ne cherchent pas à rompre, mais à s’ouvrir, à circuler autrement, à éprouver ce que signifie apparaître hors des espaces familiers. Dès lors, le geste de présenter ces travaux revient à accepter leur état encore mouvant et à laisser place à l’inédit, non comme une affirmation mais comme une possibilité réjouissante.
Si notre point de départ est commun, il se transforme inéluctablement au contact du lieu qui accueille l’exposition : le Musée d'art et d'histoire Paul Eluard de la Ville de Saint-Denis. Investir cet espace, c’est entrer en relation avec une histoire riche, tant politique qu’artistique, que la ville de Saint-Denis a connu et dont le Musée Paul Eluard se fait le gardien par la monstration, la transmission et le travail archivistique.
Félicie et nous autres prend place dans la Chapelle des Carmélites, construite en 1779 et utilisée comme Tribunal public de 1895 à 1983. C’est donc entre des murs investis d’une vaste histoire que l’exposition prend place. Elle entre en résonance avec un lieu chargé de mémoire, de silence et de verticalité. Ce décalage suspend le regard, crée une zone d’attention où les images ne s’imposent pas, mais se laissent approcher. Entre l’architecture et les œuvres, une relation fragile se tisse, faite d’échos, de frottements et d’ajustements.
Pour beaucoup d’entre nous, Félicie et nous autres est une première expérience collective hors des cadres universitaires. Une manière d’apprendre ensemble, de partager un espace, de composer un accrochage comme une conversation. Le commun qui s’y dessine n’est ni stable ni évident : il se construit dans le temps, dans les échanges, dans l’écoute. Et peut-être le commun n’est-il rien d’autre que cela : un espace fragile où les regards se frôlent, où les images respirent ensemble, et où, l’espace d’un instant, nous apprenons à tenir debout, côte à côte.